La mort, le temps …

 

ECKHART TOLLE,

 

Unknown

 

Mettre en pratique le pouvoir du moment présent

 

 

Lecture méditative

 

Accepter la souffrance c'est cheminer vers la mort. Faire face à la souffrance profonde, lui donner la permission d'être, lui accorder votre attention, c'est entrer consciemment dans la mort. Quand vous avez connu cette mort, vous prenez conscience que la mort n’ existe pas et qu'il n'y a rien à craindre. Seul l’égo meurt.

 

Lecture méditative

 

Voulez-vous une mort facile ? Préféreriez-vous mourir sans souffrir, sans agoniser? Alors laissez le passer mourir à chaque instant et laissez la lumière de votre présence faire disparaître le moi lourd et pris dans le temps que vous pensiez être « vous ».

 

Lecture méditative

 

Choisir consciemment l'éveil correspond à renoncer à l'attachement au passé et au futur et à faire du présent le point de mire principal de votre vie.

Cela veut dire choisir de se maintenir dans l'état de présence plutôt que dans le temps. Cela signifie dire oui à ce qui est. Il n'est plus nécessaire alors de souffrir.

 

Avoir le pouvoir de choisir

 

Le choix sous-entend de la conscience, un degré élevé de conscience. Sans elle, vous n’avez pas de choix. Le choix existe à partir du moment où vous vous désidentifiez du mental et de ses chaînes de conditionnement, à partir du moment ou vous devenez présent.

Et avant d'atteindre ce moment, vous êtes inconscient, spirituellement parlant. Ceci veut dire que vous êtes contraint de penser, de sentir et d'agir en fonction du conditionnement de votre mental .

 

Personne ne choisit le dysfonctionnement, Le conflit ou la douleur. Personne ne choisit la folie. Ceux-ci adviennent parce qu'il n'y a pas suffisamment de présent en vous pour dissoudre le passé, pas assez de lumière pour dissiper l'obscurité. Vous n'êtes pas totalement ici. Vous n'êtes pas encore tout à fait éveillé. Et entre-temps, c'est le mental conditionné qui gère votre vie.

 

De la même façon, si vous êtes une de ces nombreuses personnes avoir une problématique parentale, si vous ressassez encore du ressentiment envers vos parents pour quelque chose qu'ils ont fait ou n’ont pas fait, c'est que vous croyez encore qu'ils avaient le choix, qu'ils auraient pu agir différemment. On a toujours l'impression que les gens avaient le choix : c'est une illusion. Tant et aussi longtemps que votre mental et son conditionnement gèrent votre vie, aussi longtemps que vous êtes votre mental, quel choix avez-vous ? Aucun. Vous n'êtes même pas là. L'identification au mental est un état hautement dysfonctionnel. C'est une forme de démence.

 

Presque tout le monde en souffre à des degrés variables. Dès l'instant où vous prenez conscience de cela, il ne peut plus y avoir de ressentiment. Comment pouvez-vous éprouver du ressentiment vis-à-vis de la maladie de quelqu'un ? La seule attitude possible est la compassion.

C’est votre mental qui mène votre vie. Bien que vous n'ayez aucun choix, vous souffrirez encore des conséquences de votre inconscience et créerez davantage de souffrance. Vous aurez à porter le fardeau de la peur, du conflit, des problèmes et de la douleur. La souffrance ainsi créée forcera, à un moment ou un autre, à sortir de votre état d'inconscience.

 

Vous ne pouvez pas vraiment vous pardonner, ainsi qu'aux autres, aussi longtemps que vous cherchez votre identité dans le passé. C'est seulement un accident au pouvoir de l'instant présent, qui est votre pouvoir propre, qu’il peut y avoir un véritable pardon. Cela rend le passé impuissant et vous permet de réaliser profondément que rien de ce que vous avez fait ou de ce qu'on vous a fait n'a pu le moins du monde toucher l'essence radieuse de votre Etre.

Et dans cet esprit, le concept du pardon devient alors entièrement inutile.

 

Lorsque vous lâchez prise face à ce qui est et que vous devenez donc totalement présent, le passé perd tout pouvoir. Vous n'en avez plus besoin. La présence est la clé. Le présent l’est tout aussi.

 

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Étant donné que la résistance et le mental sont indissociables, le renoncement à la résistance – le lâcher prise – met fin au règne du mental comme maître absolu, comme l'imposteur qui prétend être « vous », le faux Dieu. Tout jugement et toute négativité disparaissent.

Le royaume de l’être, qui était masqué par le mental, se révèle. Tout d'un coup, un grand calme naît en vous, une insondable sensation de paix.

Et au cœur de cette paix, il y a une grande joie.

Et au cœur de cette joie, il y a l'amour.

Et au cœur de tout cela, il y a le sacré, l'incommensurable. Ce à quoi on ne peut attribuer de nom.

 

 

ECKHART TOLLE,

 

Mettre en pratique le pouvoir du moment présent, J’ai lu, 2002 pp. 140-144

 

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On peut comparer  ce point de vue à un autre sur le PRESENT, celui de Marc Aurèle, empereur (121 - 180) ayant baigné dans la pensée stoïcienne, qui écrivit dans le journal de ses Pensées, pour s’exhorter au progrès moral (bien qu’il fût le maître d'une bonne partie du monde) :

 

Lorsque tu es de mauvaise humeur contre quelqu’un, c’est que tu as oublié que tous les événements arrivent conformément à la nature de l’univers ; que la faute commise t’es étrangère ; de plus, que tout ce qui arrive est toujours arrivé et arrivera toujours de la même façon et arrive toujours actuellement partout ; tu oublies quelle est la parenté de l’homme avec le genre humain, non pas celle du sang ou de la semence, mais celle qui vient de la communauté d’intelligence. Tu oublies encore que l’intelligence de chaque homme est un dieu, et qu’elle émane d’en haut ; que rien n’est la propriété de personne, mais que ton enfant, ton âme elle-même, ton corps viennent de là-haut ; que tout est opinion ; que chacun ne vit que dans le présent et qu’il le perd.

 

Livre XII, 26