Roland dans tous ses états

29 janvier 2012

Saorge

 

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C'est le matin, Saorge sort de son linceul nocturne. Brrr! Ca caille!

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Direction la Baisse d'Anan, quelque 1OOO mètres plus haut.

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Très rapidement l'on se trouva face à un paysage humanisé attachant.

En effet, la petite vallée n'est pas abandonnée, quelques habitations sont encore debout

comme un défi à un monde qui n'en veut plus

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Mais qu'est-ce donc?

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J'ai rarement rencontré une chapelle face à face avec une habitation,

toutes deux isolées.

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Quelle grâce dans les volutes de la couverture!

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C'est bien d'une chapelle romane qu'il s'agit

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Et voici que des voyageurs arrivent ; les deux ânes

vont prendre quelques instants de repos.

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Poursuivant notre route sur le GR52A ...

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... un changement s'opère dans le paysage,

qui devient plus austère

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Restent épars quelques vestiges des brouilles anciennes aux frontières voisines

Tire-bouchon?

Non ; la célèbre "queue de cochon"

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Plus haut, près du col, les restes d'une activité pastorale. 

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L'horreur de la guerre et du fascisme sont passées aussi par là

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La couverture est en voûte elle aussi ; un demi-étage en plancher permet de doubler le volume

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Le toit est bâti de béton et couvert d'une fine couche de terre 

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Une citerne, voûtée,  complète la construction<<<;

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Parvenus au col ...

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... l'ambiance est un peu ... particulière près du campement

d'estive des bergers

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Mais la journée s'avance et le ciel devient menaçant.

Il est temps de rentrer dare-dare.

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Parvenus à Saorge, la nuit nous attendait.

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23 janvier 2012

Rando frigo à Andon Caille (06)

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Le 17 anvier à 10 heures il faisait 10 degrés en-dessous de zéro.

 

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le décor était figé sous une carapace de glace et de givre

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c'était beau, très beau

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les cours d'eau, en arrêt sur image

comme vitrifiés

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comme l'entrée d'un autre monde

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Et puis, une fois franchie la crête ...

soleil, chaleur et couleurs !

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Nous étions arrivés au "Vieux Séranon", village en ruine

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l'église se dressait en haut de la vallée

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à proximité du château

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Les deux dominaient les habitations (et les habitants)

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En contrebas s'érige une chapelle :

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Nous descendons dans la vallée

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la vie pastorale est la seule activité qui anime les lieux

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On trouve là des choses anciennes

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22 janvier 2012

Le Musée des Arts asiatiques de Nice

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L'un des lieux les plus attractifs et PAISIBLES de Nice

est, en ce qui me concerne, le Musée des Arts asiatiques.

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Quelques belles pièces de la collection en exposition permanente

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Un lieu où l'on peut méditer dans la quiétude ...

... rare, à Nice!

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17 janvier 2012

Parlez-moi de vous

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Parlez-moi de vous ...

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Comment ne pas penser à Macha Béranger

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dont le voix nous accompagna

durant tant de nuits et tants d'années

dans la recherche de l'expression de l'indicible à autrui?

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Le personnage de Karine Viard charme par sa voix sensuelle, son écoute

et ses encouragements à aller vers ce que ses interlocuteurs

n'osent pas s'autoriser à faire.

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Seulement, voilà : dans la "vraie vie",

cette femme n'est vraiment pas si à l'aise que devant son micro

dans le cocon de son studio de Radio France.

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Une très belle interprétation de Karine Viard, même si j'ai moins goûté

la représentation du mal-être de la femme dans sa vie courante, parfois proche de la caricature

- encore que ... (qui sait?) tout soit possible en matière d'humain,

même la caricature de soi.

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Les deux photogrammes ci-dessus montrent bien les deux faces du personnage.

Les peluches : le monde de l'enfance, séparant Mélina de l'autre enfant

qui la pousse - à l'insu de son plein gré, comme disait l'Autre -

dans ses retranchements.

Et cet espace vide entre eux deux, de qui est-ce la place?

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Par ailleurs les scènes traitant de sa relation avec la mère sont touchantes, voire poignantes,

et je suis finalement sorti de la projection ému, bien que passablement dérangé par

les spectateurs qui riaient là où je ressentais une émotion intense

(comme s'il pouvait y avoir des êtres pour qui la relation à la mère

ne soit pas intense et douloureuse souvent).

(Mais peut-être n'avaient-ils pas de mère?)

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Une belle image : la femme, dans un lieu complètement étranger à sa vie,

voire inhospitalier, quoique lieu de jeu de l'enfance.

La maison, maison d'enfant devant laquelle la femme semble si mal à l'aise,

toute enserrée à l'intérieur de soi-même.

Elle n'est pas, dans le lieu de l'enfance. Elle ne le voit pas.

Son regard comme cherchant une issue vers le haut (le Ciel?).

Le contraste des couleurs. Son vêtement, comme une camisole.

Les gants : surtout ne pas toucher les autres, ce qui vient des autres.

Le sac, où se teinnent enfermés tous les secrets de sa vie.

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Un film de Pierre Pinaud

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15 janvier 2012

Messager de paix et de culture

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Précipitons-nous à Levanto,

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petite cité balnéaire de Ligurie entre Sestri Levanto et Portovenere

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son église, son château , ses platanes ...

 

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Tiens! Voilà une construction point trop prétentieuse,

et qui a l'air authentique. Qu'est-ce?

Approchons-nous :

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Une inscription, plus que discrète, nous l'apprend :

Loggia mediévale,

monument messager de paix et de culture,

lieu où les peuples,

les cultures et les identités de région méditerranéenne

entrent en contact et et s'harmonisent.

 

Commune di Levanto et Unesco

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Qu'on aimerait lire ce genre de prose plus souvent!

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14 janvier 2012

Bruegel au cinéma!

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Peu de temps après le film Le Tableau, la peinture se voit

traitée à nouveau dans ce film dont on pourra goûter

unanimement le plaisir esthétique qu'il procure,

quitte à être plus partagés sur d'autres critères.

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Pour ceux qui comme moi ne sont pas

très férus en Histoire, il nous offre aussi

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un petit rappel des dissentions religieuses de l'époque du peintre

dans le christianisme,

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Le portement de Croix, Pieter Bruegel, 1564

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en associant, comme Bruegel l'avait fait, l'époque du Christ à la sienne,

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les crucifiés étant ici le Christ et les deux larrons mais aussi les victimes réformistes du pouvoir royal espagnol

régnant en ces temps sur les Flandres et représentant du catholicisme romain.

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L'esthétique fait la part belle aux tableaux en costumes

- la plupart du temps sans texte, mais non sans bande son -

et incite à la contemplation.

Elle ne renie pas pour autant certaines formes modernes, comme l'utilisation d'une grande profondeur de champ

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qui rappelle certains films un peu "bande dessinée" comme  ceux de Jeunet (on peut penser à Un long dimanche de fiançailles, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, à cet égard) mais ici la forme ne dessert pas le fond, contrairement à d'autres films ainsi conçus et fort décevants quant au contenu, tels Micmacs à tire-larigot.

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Le plaisir a été pour moi intense à explorer du regard les profonds plans d'ensemble, afin d'y découvrir les personnages qui se mouvaient en divers plans de profondeur de champ.

J'ai eu plaisir aussi à constater que, contrairement à ces films relevant de ce  type d'esthétique qui veulent  remplir l'image de mouvement  sur la totalité de l'écran, certains fonds d'images restaient immobiles, paysages vides de personnages et de mouvement, tels des tableaux de peinture.

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Un autre plaisir que m'a procuré ce film est que les diverses techniques conjuguées par le cinéaste provoquent parfois de l'étonnement, car l'on voit des arrière-plans que l'on supposerait être des décors en à-plat, apparentées si l'on veut à des toiles de fond peintes, mais sur ces décors les personnages peuvent être en mouvement, joués par des comédiens. L'impression de perspective en est quelque peu bousculée, et cet étonnement tourne aussitôt au ravissement, pour qui apprécie comme c'est mon cas la découverte de la nouveauté, et davantage encore quand celle-ci se marie au classicisme.

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Autre choix intéressant : l'on assiste parfois à des manières de "tableaux vivants figés", les personnages immobilisés dans les attitudes mimant celles des personnages du tableau du peintre, technique classique, mais ici certains comédiens-personnages tranchent par le fait qu'ils ne sont pas tout à fait  immobiles ( est-ce une recherche d'effet de distanciation?) Sans que je puisse expliquer pourquoi, il ma semblé qu'il y avait somme toute quelque chose de "Tarkovskien" dans certains de ces plans filmés en panoramique.

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Et, puisqu'il est question de références, quelle magnifique référence au cinéma que ces images où par un effet d'ombre et de lumière issu du mouvement de la roue dentée du moulin - personnage essentiel de l'histoire! - l'on voit comme une pellicule cinématographique défiler sur le visage du meunier, grand ordonnateur du Temps. 

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Film du cinéaste polonais Lech Majewski,

adapté d'un essai de M. Gibson, the Mill and the Cross

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10 janvier 2012

Rocca Sparviera

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Ici vécurent 350 personnes ...

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Il y avait un notaire, un prêtre ...

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... un château

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un mur d'enceinte ...

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des habitations

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Rocca Sparviera, la « roche » des « éperviers », constitue un des plus étonnants villages fantômes des Alpes-Maritimes. Construit à 1100 mètres d’altitude sur la crète qui sépare la vallée de la Vésubie de celle du Paillon de Contes, il est aujourd’hui entièrement ruiné, à l’exception de la chapelle St-Michel.

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En contrebas, se trouve l’échancrure bien marquée du Col St Michel (953 m.) par où passait au Moyen Age un important chemin muletier qui reliait les vallées de la Vésubie et du Paillon tout en coupant la célèbre « Route du Sel » qui remontait de la Côte vers la Haute Vésubie et le Piémont en Italie.

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Et voici la terrible histoire de Rocca Sparviera, le rocher aux éperviers, et la légende de la reine Jeanne :

 

Accusée d'avoir assassiné son premier époux André de Hongrie, poursuivie par une famille hurlant à la vengeance, la reine Jeanne, accompagnée de ses deux enfants, Catherine et François, de leur nourrice, d'un prêtre et de gardes, trouva refuge dans son château de Rocca Sparviera.

L'endroit était bien choisi, car dissimulé à la vue depuis les vallées, situé sur une pente escarpée et facilement défendable car n'ayant qu'un seul accès, le petit sentier ne laissant passer qu'une personne à la fois.

Les villageois n'apprécièrent que très modérément  de nourrir tout ce petit monde alors qu'ils peinaient déjà à subvenir à leurs propres besoins.

La terre est très rocailleuse et pentue, n'offrant des terrains exploitables pour les cultures qu'à la gauche du village ou subsistent des terrasses étroites.

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Mais, les hommes à la solde de la cour de Hongrie retrouvèrent leurs traces et firent en sorte de s'assurer de la collaboration des habitants en les ravitaillant.

Le prêtre, grand ami de Bacchus, ne put résister à la tentation.

Ces nouveaux venus, se présentant comme des commerçants, lui permirent d'entretenir de grandes discussions théologiques avec cet ami de toujours.

Tant et si bien qu'il ne fut bientôt plus en mesure d'assurer les offices dans la chapelle Saint Pierre.

Le soir de Noël, la Reine Jeanne dut se résoudre à assister à la messe de minuit à l'église de Coaraze.

Profitant de son absence, le prêtre fit entrer ses nouveaux amis dans le château, espérant lui aussi célébrer Noël à sa façon.

A son retour, la reine trouva ses enfants servis sur un plateau posé sur la table, un poignard planté dans chacun d'eux.

Selon d'autres sources, ils auraient été découpés en morceaux...

Le lendemain, brisée, elle quitta le village en le maudissant:

 

"Un jou vendra que aqui non cantéra plus ni gal ni galina."

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Malédiction ou coïncidence, toujours est il que le village subit à plusieurs reprises de violents séismes et fut totalement abandonné par la population depuis le XVIème siècle.

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A noter cependant qu'en vérifiant sur des sources historiques, les deux enfants susmentionnés et qu'elle eut de son second mariage avec son cousin et amant Louis de Tarente sont morts en 1364 pour Catherine, l'ainée, et en 1352 pour sa cadette (et pas cadet comme prétendu plus haut dans la légende) Françoise...

Et c'est à cet endroit que l'histoire devient légende !!!

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Les deux textes ci-dessus : Par Monts et par Vaux

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Tout ceci existe à moins d'une heure de Nice, dans notre merveilleux arrière-pays.

On y accède par Duranus (dénivelé de 700 m.) ou par Coaraze

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08 janvier 2012

Tombeau pour Daniel R.

Cher Daniel,

 

"Il faut que tu m’écoutes, laissez-moi réfléchir un peu encore un peu » dit la chanson.

Cher Daniel, nous n’avons pas eu le temps de dire et tu nous as quittés subitement. Il nous reste à dire le plaisir d’avoir partagé des moments de voyage, de montagne avec toi, mais aussi des moments conviviaux. Les uns comme les autres, tu les honorais de ta présence joyeuse.

 

Daniel,

Combien de randonnées avons-nous partagées ? Combien de chemins ? Combien de sentiers ?

Dans notre petit groupe, petit en nombre mais pas en cœur, dans l’herbe printanière ou la neige d’hiver,  tu tenais bien ta place, et, même si quelquefois tu en as quelque peu bavé, tu gardais ta bonne humeur. Je te revois, le front  ceint de ton bandeau au nom d’une station de radio populaire d’une principauté voisine, suant à grosses gouttes, ne rêvant plus que du gotou. Ah ! Tu le méritais bien, celui-là !

 

Et puis aussi quand tu apportais tes oranges, ces fameuses oranges pour lesquelles tu t’es rompu la jambe. Parfois c’était des pamplemousses ; « Quelle idée, pensais-je, que de transporter un tel poids dans son sac ? » Mais ils nous rafraîchissaient bien, ces agrumes.

 

Je me souviens t’avoir quasiment achevé lors d’une rando en duo aux lacs de Vens, en hiver, mais nous avons quand même fini par pique-niquer, assis le cul dans la neige, seuls, immensément seuls et ensemble, dominant la croûte gelée des lacs.

 

Nous n’avions pas besoin de parler pour communier avec la nature dans ces moments forts.

 

Une autre fois, c’est en haut du Mounier que, las d’une rude montée, alors que nous papillonnions de ci de là afin de déterminer avec une précision quasi scientifique l’exact lieu où nous devions  nous poser  pour le pique-nique, nous t’avons vu t’installer cessant de nous suivre et manifester de la sorte qu’en ce qui te concernait, la salle à manger était toute trouvée.

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Puis il y eut la période Morton, cet affreux compagnon de route qui te cassa les pieds et te faisait marcher sur des œufs.

*

 

Ca n’a pas toujours été facile pour toi, on le sentait quand tu restais longuement silencieux, marchant en queue du peloton, mais tu avais la délicatesse, - beaucoup de délicatesse, Daniel avait beaucoup de délicatesse – de nous épargner tes états d’âme, et malgré ces moments difficiles jamais tu n’as cessé d’avancer sur le chemin  de la vie.

 

Et puis, nous pouvions par ton intermédiaire goûter aussi quelques tranches de vie niçoise, nous, lointains banlieusards, que tu nous rapportais de la métropole, au fil de nos rencontres :

 

« Alloura mi fà …    alloura m’a dice …. Paillassou ....”

 

les travaux interminables du tram, les rando humanitaires sous l’égide du boucher de ton quartier, les anecdotes truculentes de la vie niçoise...

 

*

 

Il y a un certain temps que tu n’avais plus pu marcher avec nous, et nous nous demandions souvent quand et comment pourrait se faire ton retour auprès de nous.

 

La vie en a décidé autrement ; c’est nous qui te rejoindrons, un jour, sur les chemins célestes, poussière d’étoile filant parmi les étoiles.

 Il paraît que le paysage est beau aussi, là-haut …

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05 janvier 2012

Lerici et Portovenere

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Le port de Vénus ...

Ah! Quel programme!

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Le voyage commencera par la visite

du port de Lerici

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Npus y parvenons à point pour y assister au couchant

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L'espace est ouvert, agréable sensation de bien être

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Au loin, où l'horizon prend fin,

enfin, (comme dit l'Autre

imagesCAOQ2602 )

les reliefs de Portovenere

laissent espérer des plaisirs

sinon frelatés, du moins

inégalés

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P1130353Ici comme ailleurs, le crépuscule est l'un des

 plus beaux spectacles qui soient donnés à

voir à l'Homme, et bien fol serait qui

prétendrait le contraire

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Alors, les lieux ne s'en privent guère.

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L'on dit même que les marins viennent de loin pour s'arrimer aux rocs acérés de la baie afin d'assister à l'événement quotidiennemnt renouvelé

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Et ils restent là, gorgés des rougeurs noctonales

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P1130359tandis qu'au loin, s'éploie

un lendemain

anticipé

de choses nouvelles,

jamais vues,

jamais vécues,

dont on reviendrait

transformé

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Le rivage s'apaise et chacun de ses personnages

se clot dans l'immobilité de sa quiétude

indifférente

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à l'instar de la petite cité

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alors que la citadelle

 

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veille

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En face,

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il semblerait que tout s'apaise également

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dans l'agonie

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de l'année

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sur les berges d'un autre port

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sur une rive dédiée à Byron

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un autre castel

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d'autres signes d'un jadis partagé

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signes de re-connaissance,

étendards,

ocres des rues,

 

 

 

 

 

 

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matières de chaux et de verte pierre

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la matière fait signe(s)

le m  o  b  i  l  e

et le figé,

l'univoque

 et l'amalgame,

la couleur 

et le

monochrome

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Elle est belle, la Vénusienne cité de carte postale

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difficile d'y trouver d'autres espaces

où fouetter un imaginaire autre

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au fil de la rue

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A SUIVRE, BIEN SUR ...

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nous reviendrons au jour demain revisiter la ville.

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02 janvier 2012

Portovenere

 

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Etrangeté de cette église San Pietro zébrée à la manière du style que l'on trouve

dans l'ensemble de la Tour de Pise.

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Judicieusement posée sur la pointe rocheuse face à la mer

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fenêtre sur les proches Cinque Terre

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Il s'agit en fait d'une intersection de deux édifices,

à deux choeurs différemment orientés,

de styles roman datant du XIIIe siècle et gothique, moins ancien

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Pour qui voudra en savoir un peu plus :

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La porte accueille le visiteur par la beauté de son décor

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On retrouve ce style en strates alternées de noir et de blanc dès Levanto,

petite cité balnéaire des environs.

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l'autre église de Portovenere, San Lorenzo,  du XIIe siècle, emprunte elle aussi à ce goût

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Le parterre en damier comme un écho à l'intérieur

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Son altière austérité provoque le respect

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et contraste avec l'ocre des façades

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tandis que la grotte de Byron ouvre un infini de teintes

sur le Golfe des poètes.

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