16 octobre 2012

Les Désarçonnés (suite)

Chapitre LXXIII               Il n'est pas en notre pouvoir de mettre fin aux guerres qui sont les fêtes sociales par excellence. Nous pouvons seulement rejoindre le front antityrannique des morts qui réclament en nous.           Des sacrifiés, plutôt que des martyrs.           Des victimes plutôt que des héros.           Des apolis, des esseulés plutôt que... [Lire la suite]
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09 juin 2011

De l'éducation des enfants de la Citadelle

* * Mais que deviendras-tu si nul ne t'a pris par la main afin de te montrer les provisions d'un miel qui n'est point des choses mais du sens des choses? C'est pourquoi j'exige que tu éduques tes enfants afin qu'ils te ressemblent. Car ce n'est point d'un adjudant de leur transmettre un héritage, lequel ne peut tenir dans son manuel. Si d'autres que toi le peuvent instruire de ton langage de connaissances comme ton petit bazar d'idées, il perdra, s'il t'est retranché, tout ce qui n'est point énonçable et ne tient point dans le... [Lire la suite]
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09 mai 2011

Citadelle (4), Antoine de Saint-Exupéry

Ceux que je hais, c'est d'abord ceux qui ne sont point. Race de chiens qui se croient libres, parce que libres de changer d'avis, de renier ( et comment sauraient-ils qu'ils renient puisqu'ils sont juges d'eux-mêmes?). Parce que libres de tricher et de parjurer et d'abjurer, et que je fais changer d'avis, s'ils ont faim, rien qu'en leur montrant leur auge. [...] Mais tous ceux-là je les dirai de la racaille, qui vivent des gestes d'autrui et, comme le caméléon, s'en colorent, aiment d'où viennent les présents, et goûtent les... [Lire la suite]
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20 mars 2011

Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry (3)

  "j'interdis aux marchands de vanter trop leurs marchandises. Car ils se font vite pédagogues et t'enseigent comme but ce qui n'est par essence que moyen, et te trompent ainsi sur la route à suivre les voilà bientôt qui te dégradent, car si leur musique est vulgaire ils te fabriquent pour la vendre une âme vulgaire. Or, s'il est bon que les objets soient fondés pour servir les hommes, il serait monstrueux que les hommes fussent fondés pour servir de poubelle aux objets." * *
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18 mars 2011

Citadelle,Saint-Exupéry

Tu ne peux rien connaître des étapes qui ne sont qu'invention du langage. Seule la direction a un sens. Ce qui importe, c'est d'aller vers et non d'être arrivé car jamais l'on n'arrive nulle part sauf dans la mort. * * Renoncez à dénommer erreur le contraire de vos vérités, et vérité le contraire de l'erreur. Car l'évidence qui saisit et vous contraint de gravir votre montagne, sachez qu'elle aussi a saisi l'autre qui gravit également sa montagne. Et sachez qu'il est gouverné par la même évidence que celle qui vous a fait vous... [Lire la suite]
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21 février 2011

Citadelle, d'Antoine de Saint-Exupéry

D'un auteur dont je ne connaissais que peu d'oeuvres, de Vol de nuit au Petit Prince - livre magnifique s'il en est - d'une très chère amie disparue me sont restés plusieurs autres livres, moins connus. Quel ne fut pas le choc que j'éprouvai en commençant la lecture de Citadelle! Une écriture dense, dans un style prophétique. Je tenterai d'en donner quelques échantillons, sur les pas de mon amie. "Le temps n'est plus un sablier qui use son sable, mais un moissonneur qui nous sa gerbe." "Car il est bon que le temps qui s'écoule ne... [Lire la suite]
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25 novembre 2010

Tu neiges en écume sur les vitres du ciel

Tu neiges en écume sur les vitres du ciel En ce soir de neige où nous sommes présents Toi haut souvenir vers le futur lancé Moi sur la trace errant de nos jeunesses Qu'une lumière à l'horizon de ténèbres Dans l'espérance appelait appelait. Comment ne pas connaître alentour Tant d'ombres, tant de soleils aimés? * * Echardes légères dans l'azur, Ils vont à la mesure du jour Au fil des flâneries solaires * * La beauté sur toi lumière Pour désigner à la mort sa proie Au jour d'été... [Lire la suite]
17 mai 2010

La promesse, Hubert Mingarelli

Le texte incite à convoquer le monde de Les Eaux étroites, de Julien Gracq. Et pourtant, le monde où se déroule ce trajet est le nôtre ; à la fois le nôtre, mais aussi ce monde mystérieux et lent des eaux de Julien Gracq. Des émotions s’en dégagent. Une promesse à tenir  … « Le ciel et l’eau du lac de retenue étaient noirs, et la forêt derrière lui et la coque du bateau étaient noires aussi, et rien ne bougeait. Pas même les joncs et les épis légers de roseaux de chaque côté du ponton. Fedia... [Lire la suite]
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26 mars 2010

Noces des Jardins de Boboli et du poète Georges-Emmanuel Clancier, Florence

Rendez-vous est donné à l'imprévu. Cela commence à la fin d'un monde au dernier printemps d'un monde qui va mourir Cela surgit en ce monde qui va périr. Qu'est-ce là qui surgit vers le monde futur dans la vie la mort dans le monde futur Qu'est-ce là qui tombe en ce monde moribond vers un monde futur Un rapace invisible survole l'homme nu étendant jusqu'au pourtour du ciel ses a i l e s sol incertain de pas de songe ou... [Lire la suite]
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19 février 2010

Conrad, Au coeur des ténèbres

Une longueur de fleuve s’ouvrait devant nous et se refermait derrière, comme si la forêt avait tranquillement traversé l’eau pour nous barrer le passage au retour. Nous pénétrions de plus en plus profondément au cœur des ténèbres.  […] Nous aurions pu nous prendre pour les premiers hommes prenant possession d’un héritage maudit à maîtriser  à force de profonde angoisse et de labeur immodéré. Mais soudain, comme nous suivions péniblement une courbe, survenait une vision de murs de roseaux, de toits d’herbe pointue, une... [Lire la suite]
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