Hanté par la peur de mourir, il était difficile de savoir s'il fallait entrer dans le jeu de ce jeune homme qui pouvait avoir la vingtaine, à savoir le conforter dans son délire, c'est-à-dire faire acte de reconnaissance de ce qu'il était, lui, avec sa pathologie, ou s'il importait davantage de le rassurer en lui affirmant que bien sûr que non, que ses yeux ne portaient pas la marque de la mort, que son visage n'était pas anormalement pâle, que ses veines ne saillaient pas anormalement, lorsqu'il se plantait devant vous et vous interpellait tout à trac. C'était finalement moins pénible quand il vous demandait s'il existait quelque chose après la mort, si Dieu était, ce que l'on devenait après la cessation de la vie.

On ne savait pas toujours s'il parlait avec la gravité dont il faisait montre ou s'il se foutait carrément de vous.

Les deux, je crois, selon.