… que l’on puisse consacrer des funérailles officieusement nationales à l’Idole des Jeunes.

 

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Ce qui arrive à me semble s’apparenter à l’engouement quasi obligatoire pour le foot-ball.Ce que les gens ne trouvent plus dans notre République, ce sont des valeurs fédératrices qui les rassemblent dans des espaces non politisés et/ou symboliques.

 

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Ainsi en est-il de notre rocker national, qui a conservé un puissant attrait au fil des générations d’une même famille depuis une cinquantaine d’années, comme l’on ferait d’un patrimoine.De plus, l’homme caméléon avait su s’adapter à tous les goûts du jour, renouvelant son public à chaque époque.

 

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Mais à ceci s’ajoute, comme pour tout décès, l’idée plus ou moins inconsciente que la mort de l’Autre c’est un peu la nôtre. A ceci près que la disparition d'un personnage public a un retentissement évidemment supérieur à celui d'un quidam.

 

 

Avec sa disparition, Johnny pointe la mort définitive de notre jeunesse, du moins celle des baby-boomers et des générations qui ont suivi. Et pour des milliers, voire des millions de Français.

 

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Car Johnny, s’il affichait son goût pour les U.S.A., était un symbole d’une certaine France populaire, comme l’on dirait de Catherine Deneuve, ou de M. D’Ormesson dans un milieu plus intellectuel. 

 

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Une France du rock un peu rebelle, voire quelque peu machiste, tatouages, muscles luisants et grosses motos aidant, mais aussi une France conservatrice, lorsqu’il affichait son soutien à des candidats aux Présidentielles de droite.

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Et c’est par cela que nos chemins ont été séparés.

 

Illustration : les pochettes de mes 45 tours d'époque.